Coworking, lounge, télétravail : pourquoi les nouveaux usages transforment la gestion énergétique des hôtels
Pendant longtemps, le fonctionnement énergétique d’un hôtel était relativement prévisible.
Les chambres étaient principalement occupées le soir et la nuit, les espaces communs connaissaient des pics d’activité concentrés sur certaines plages horaires, puis le bâtiment revenait progressivement en régime réduit.
Ce modèle évolue rapidement.
Aujourd’hui, de nombreux établissements hôteliers deviennent des lieux multifonctions capables d’accueillir bien plus que des nuitées :
- • espaces de coworking,
- • salons transformés en bureaux temporaires,
- • afterworks,
- • salles hybrides événementielles,
- • espaces lounge utilisés toute la journée,
- • restauration ouverte à une clientèle extérieure,
- • télétravail et usages “bleisure” (business + loisirs).
Cette mutation transforme profondément la manière dont les bâtiments doivent être pilotés.
Le bâtiment hôtelier n’a pas été conçu pour une occupation aussi variable
Dans de nombreux hôtels, les systèmes techniques fonctionnent encore selon des logiques relativement fixes :
- • horaires programmés,
- • consignes identiques sur de longues périodes,
- • fonctionnement uniforme par étage ou par zone,
- • faible prise en compte de l’occupation réelle.
Le problème est simple :
les usages du bâtiment deviennent dynamiques, mais le pilotage énergétique reste souvent statique.
Résultat :
- • chauffage ou climatisation actifs dans des espaces peu occupés,
- • ventilation qui fonctionne à pleine puissance malgré une fréquentation réduite,
- • surconsommation dans les zones communes,
- • inconfort lors des pics d’affluence,
- • difficultés à ajuster rapidement les consignes.
Avec l’augmentation des coûts énergétiques et les obligations réglementaires liées au Décret BACS et au Décret Tertiaire, cette approche atteint aujourd’hui ses limites.
Le développement du “workspitality” accélère cette transformation
Le secteur hôtelier voit émerger une tendance de fond souvent appelée “workspitality” : la fusion entre hospitalité, travail et espaces de vie.
De plus en plus d’établissements cherchent à rentabiliser leurs espaces tout au long de la journée en diversifiant les usages :
- • salles de réunion ouvertes à la réservation ponctuelle,
- • espaces de coworking,
- • salons business,
- • lieux événementiels,
- • restauration flexible.
Cette logique améliore la rentabilité des surfaces… mais complexifie fortement le fonctionnement énergétique du bâtiment.
Une salle peut être vide le matin, pleine l’après-midi, puis inutilisée le soir.
Un espace lounge peut connaître des pics très variables selon les événements, la météo ou la saison.
Le bâtiment doit donc devenir capable de s’adapter en temps réel.
Pourquoi une GTB moderne devient indispensable
C’est précisément là qu’une GTB nouvelle génération prend tout son sens.
Une GTB intelligente ne se contente plus de programmer des horaires fixes.
Elle permet d’adapter le fonctionnement du bâtiment à son occupation réelle et à son contexte d’exploitation.
Chez Vesta-System, notre approche GTB 2.0 repose sur plusieurs principes :
- • pilotage par zone,
- • supervision centralisée,
- • scénarios dynamiques,
- • prise en compte de l’occupation réelle,
- • ajustement automatique des consignes,
- • exploitation des données terrain,
- • anticipation des variations thermiques grâce à l’inertie du bâtiment.
L’objectif est double :
- maintenir un confort optimal pour les clients et les équipes ;
- éviter les consommations inutiles.
Adapter automatiquement les consommations à l’activité réelle
Dans un hôtel hybride, les besoins énergétiques changent en permanence.
Une GTB intelligente permet par exemple :
- • d’abaisser automatiquement le chauffage ou la climatisation dans les espaces inoccupés,
- • d’ajuster les consignes selon les réservations,
- • de piloter différemment les zones coworking et les chambres,
- • d’optimiser les espaces communs selon l’affluence,
- • de limiter les pics de consommation,
- • de détecter rapidement les dérives.
L’enjeu n’est plus simplement de “faire des économies”.
Il s’agit surtout d’éviter le gaspillage tout en maintenant une qualité de service irréprochable.
L’interfaçage avec le PMS devient un levier stratégique
L’une des évolutions majeures du secteur concerne également la connexion entre GTB et PMS hôtelier.
Lorsque les systèmes communiquent entre eux, le bâtiment peut automatiquement adapter son fonctionnement :
- selon les réservations,
- selon l’occupation des chambres,
- selon les arrivées et départs,
- selon les périodes de faible activité.
Le pilotage énergétique devient alors beaucoup plus cohérent avec l’exploitation réelle de l’hôtel.
Chez Vesta-System, notre solution peut s’interfacer avec différents PMS du marché afin d’automatiser cette logique de pilotage dynamique.
Réduire les consommations sans travaux lourds
Dans beaucoup d’établissements, les équipements sont déjà relativement performants :
- • pompes à chaleur,
- • chaudières récentes,
- • LED,
- • systèmes CVC modernes.
Le principal gisement d’économies se situe désormais dans la manière dont ces équipements sont exploités.
Une GTB intelligente permet souvent d’obtenir des gains significatifs sans engager immédiatement des rénovations lourdes du bâti.
Cela devient particulièrement stratégique dans un contexte où :
- • les coûts énergétiques restent volatils,
- • les objectifs réglementaires se renforcent,
- • les usages des bâtiments deviennent plus complexes,
- • les attentes clients en matière de confort augmentent.
Un bâtiment hôtelier doit désormais être capable de s’adapter
L’hôtellerie évolue vers des modèles beaucoup plus flexibles et multifonctions.
Le bâtiment ne peut plus fonctionner comme il y a dix ans.
Les établissements qui réussiront seront ceux capables :
- • d’optimiser leurs consommations,
- • d’adapter leur fonctionnement en temps réel,
- • de simplifier l’exploitation technique,
- • de maintenir un haut niveau de confort malgré des usages variables.
Autrement dit :
les hôtels deviennent intelligents parce que leurs usages deviennent mouvants.
Et le pilotage énergétique doit évoluer au même rythme.
Sources et ressources complémentaires
- Observatoire de l’hôtellerie et nouveaux usages tertiaires
- ADEME – Gestion énergétique des bâtiments tertiaires
- Décret BACS – obligations de pilotage des bâtiments tertiaires
- Décret Tertiaire – objectifs de réduction des consommations énergétiques
- Tendances “workspitality” et hybridation des espaces hôteliers