Décret Tertiaire : enjeux, obligations et leviers pour optimiser vos consommations énergétiques

6 mars 2026 5 minutes de lecture

Qu’est-ce que le Décret Tertiaire ?

Le Décret Tertiaire, également appelé dispositif Éco Énergie Tertiaire, est une obligation réglementaire française issue de l’article 175 de la loi ELAN (Évolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique). Il impose à tous les bâtiments à usage tertiaire d’améliorer de manière significative leur performance énergétique en réduisant leur consommation d’énergie finale selon un calendrier défini.

Concrètement, il s’applique à tous les bâtiments tertiaires ou parties de bâtiments de plus de 1 000 m² (bureaux, commerces, établissements de santé, hôtels, EHPAD, etc).


Quels sont les objectifs à atteindre ?

Le dispositif fixe des objectifs progressifs de réduction de la consommation d’énergie finale, soit en méthode relative (par rapport à une année de référence), soit en méthode absolue (par rapport à des seuils définis) :

  • − 40 % d’ici 2030,

  • − 50 % d’ici 2040,

  • − 60 % d’ici 2050.

Ces objectifs s’appliquent par rapport à une année de référence comprise entre 2010 et 2022 pour la méthode relative (Crelat).


Qui est concerné par cette réglementation ?

Le Décret Tertiaire s’applique à toute personne physique ou morale (propriétaire, exploitant, locataire) qui possède ou prend en charge un bâtiment, ou un ensemble de bâtiments, de plus de 1 000 m² à usage tertiaire.

Cela inclut notamment :

  • • Les établissements de santé et médico-sociaux (hôpitaux, cliniques, EHPAD),

  • • Les hôtels et hébergements,

  • • Les bureaux et sites administratifs,

  • • Les commerces et centres commerciaux,

  • • Les établissements d’enseignement, etc.


Quelles obligations concrètes ?

 

1. Déclaration annuelle sur la plateforme OPERAT

Chaque année, les assujettis doivent déclarer leurs consommations d’énergie finale (gaz, électricité, fioul, réseaux de chaleur, etc.) sur la plateforme OPERAT, développée et gérée par l’Agence de la transition écologique (ADEME).

Cette déclaration est obligatoire et permet d’obtenir une attestation de conformité ainsi qu’une note Éco Énergie Tertiaire, qui evidencie l’avancement vers les objectifs de réduction.

2. Suivi et preuve des réductions

Les responsables doivent non seulement déclarer les consommations, mais aussi justifier les actions mises en place pour atteindre les objectifs. Ces gains doivent être mesurables et traçables chaque année par OPERAT.

À partir de 2031, les autorités vérifieront que les objectifs de 2030 ont été atteints selon les consommations déclarées ajustées aux variations climatiques.

3. Sanctions en cas de non-respect

La réglementation prévoit des sanctions et contrôles administratifs, en particulier pour les bâtiments ou entités qui n’auront pas respecté leurs engagements ou omis leur déclaration.


Pourquoi cette réglementation est stratégique

Les bâtiments tertiaires représentent une part significative de la consommation d’énergie en France, soit plus de 15 % de l’énergie finale du pays selon certaines estimations.

Le Décret Tertiaire vise donc à :

  • • Réduire la consommation énergétique des bâtiments existants,

  • • Accélérer la transition énergétique,

  • • Réduire l’impact carbone du secteur du bâtiment,

  • • Faire évoluer les pratiques de gestion quotidienne vers plus d’efficacité.


Décret Tertiaire, EHPAD et hôtels : des cas concrets

EHPAD

Les EHPAD, souvent de grande superficie et en fonctionnement permanent, sont particulièrement concernés par ces objectifs. Pour eux, atteindre la réduction de 40 % en 2030 nécessite non seulement des travaux structurels, mais aussi une optimisation des usages quotidiens : chauffage, ventilation, eau chaude, éclairage, etc.

Dans ce contexte, des leviers comme la Gestion Technique du Bâtiment intelligente (GTB 2.0) permettent de gagner plusieurs points d’économie énergétique sans travaux lourds grâce à une régulation prédictive et adaptée à l’occupation réelle des locaux.

Hôtels

Les hôtels, dont l’occupation varie jour après jour, sont aussi soumis au décret. L’utilisation des données de réservation (PMS) peut être croisée avec une GTB pour ajuster automatiquement les paramètres techniques (chauffage, climatisation, ventilation) selon l’occupation réelle, ce qui constitue un levier opérationnel très efficace pour réduire les consommations. (On peut l’illustrer en interne avec vos propres cas d’intégration GTB–PMS tels que Misterbooking.)


Décret Tertiaire : leviers d’optimisation sans lourds travaux

Pour respecter les objectifs réglementaires en 2030, 2040 et 2050, plusieurs familles d’actions sont possibles :

1. Mesure et suivi précis des consommations

La déclaration seule sur OPERAT ne suffit pas : la maîtrise des données de consommation en continu est un prérequis pour piloter efficacement.

2. Pilotage intelligent des équipements

L’installation d’une GTB performante permet de moduler le chauffage, la climatisation, la ventilation et l’éclairage en fonction de l’usage réel, des prévisions météo, des inerties thermiques ou encore des signaux réseau. Ce pilotage prédictif offre des économies immédiates et mesurables bien au-delà d’une simple régulation réactive.

3. Modernisation des installations

Remplacement des chaudières obsolètes, isolation performante, recours à des énergies renouvelables, mise en place de systèmes BACS etc.


Décret tertiaire et obligations complémentaires

Le cadre réglementaire est en constante évolution. Par exemple, le Décret BACS, complémentaire au décret tertiaire, impose l’installation de systèmes d’automatisation et de contrôle du bâtiment pour certaines puissances d’installation, favorisant la mise en place de GTB.


Conclusion

Le Décret Tertiaire est bien plus qu’une simpleimpact-decret-tertiaire-confort-thermique-chauffage obligation administrative : il structure la transition énergétique des bâtiments tertiaires en France sur les prochaines décennies.

Pour les EHPAD, les hôtels et tous les établissements concernés, il représente à la fois un enjeu réglementaire et une opportunité de performance. La digitalisation des équipements et la mise en place de solutions comme la GTB 2.0 permettent non seulement de viser les objectifs imposés (−40 % en 2030, −50 % en 2040, −60 % en 2050), mais aussi de générer des économies réelles, une meilleure qualité de confort et une gestion quotidienne simplifiée.